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23 décembre 2000, ce sont principalement les femmes et les jeunes femmes survivantes du génocide qui vont laver les crânes, les fémurs, les omoplates, tous les os qui n'ont pas été broyés par les pierres que les génocidaires lançaient sur les gens pendant le génocide. Souvent les personnes se jetaient directement dans la fosse par peur de se faire mutiler. Aujourd'hui, les génocidaires et les survivants racontent qu'il fallait briser les crânes pour rendre les cadavres non identifiables.

L' après génocide

"Je suis épris de justice, pas de vengeance. La chose la plus importante que j'ai faite est de combattre contre l'oubli et de garder le souvenir intact. Il est primordial de faire savoir aux gens que nous n'oublions pas nos ennemis". Simon Wiesenthal

Témoignages sur le génocide de 94 au Rwanda

Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /Juil /2006 21:47
Un Homme vient de partir.

Peu de nos concitoyens le connaissaient, peu ont lu ses livres et c’est dommage pour notre démocratie car ce qu’il a écrit doit être su de tous les Français.
Pourtant Jean-Paul Gouteux n’était ni homme politique, ni écrivain, ni historien, ni journaliste, ni africaniste.
Jean-Paul Gouteux était chercheur à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD, anciennement ORSTOM). Entomologiste médical et vétérinaire de formation, sa spécialité était l’étude de la transmission de la maladie du sommeil et l'écologie de son vecteur, la mouche tsé-tsé ou glossine. Tout un programme qui aurait dû suffire à une vie.
Mais voilà, Jean-Paul avait épousé une Rwandaise et c’est comme cela, par amour, qu’il a été mêlé au dernier des génocides du XXéme siècle : le génocide des Tutsi du Rwanda. Toute la belle famille de Jean-Paul a été massacrée. L’horreur.
Il n’a pu faire autrement que de constater que son pays, la France, avait joué un rôle déterminant dans ce génocide. De témoin, il est devenu enquêteur et d’enquêteur, accusateur.
Son principal ouvrage, « La Nuit Rwandaise », raconte dans le détail, avec une rigueur scientifique - il n’était pas entomologiste pour rien - la culpabilité de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda. Plus encore cette minutieuse enquête « épingle » les hommes qui, au plus haut niveau de l’état, ont adhéré à une vision mêlée d’ethnisme et de racisme d’autant plus facilement qu’eux ou leurs affidés avaient choisi Vichy et la collaboration dans le passé.
On comprend mieux comment, un ancien serviteur de Vichy, témoin de la défense au procès des généraux putschistes de l’Algérie Française, devenu président de la république, favorable à la grâce de Touvier, a pu mener notre pays à une telle abjection. Jean-Paul rafraîchissait les mémoires…

Jean-Paul est un homme qui, croisant un des événements les plus terrifiants de la fin du XXéme siècle, a réagi en citoyen et en républicain : il n’a eu de cesse de faire savoir aux Français ce qui avait été fait en leur nom et dans leur dos. Ce qu’on veut encore leur cacher aujourd’hui. Cette guerre qui devait être secrète et qui est allée jusqu’au génocide, cette ignominie, qui fait l’objet d’un déni de plus en plus absurde devant l’accumulation des preuves.

Loin du discours de la recherche universitaire inaccessible au grand public, il a pris le risque de dire les choses comme elles sont et il a dénoncé les «
journalistes mercenaires de Libération, du Monde et d’ailleurs (qui) orchestrent la désinformation et manipulent l’opinion française ». Il n’a pas hésité à écrire dans ses livres « Un génocide secret d’état : la France et le Rwanda 1990-1997 » et « Le Monde, un contre-pouvoir ? » que Jean-Marie Colombani (rédacteur en chef) était « un honorable correspondant » des services secrets français et que le traitement de l’information sur le Rwanda dans le journal « Le Monde » lors du génocide tenait plus de la désinformation que ces services voulaient faire passer que de la réalité. La rédaction du Monde et Jean-Marie Colombani ont intenté un procès en diffamation à Jean-Paul et, par trois fois, ils ont perdu : en première instance, en appel et en cassation… La dernière fois alors que Jean-Paul était déjà atteint de ce cancer du cerveau qui l’a emporté l’autre soir…
Voilà pourquoi il n’y aura pas de « nécro » de Jean-Paul Gouteux dans « Le Monde »…

Son travail a aussi montré comment la « Mission d’information parlementaire sur le drame rwandais » de 1998 a constamment « botté en touche » dés qu’il s’agissait d’aborder les responsabilités françaises. Cela a contribué énormément à ce qu’un certain nombre d’associations et de citoyens créent en 2004, pour le 10éme anniversaire du génocide des Tutsi du Rwanda, une « Commission d’enquête citoyenne ». Cette Commission a depuis apporté de nouveaux éléments de preuve de la culpabilité française et les tient à la disposition de la justice.
Des plaintes de Rwandais contre X pour génocide (visant en fait des militaires français) ont été déposées devant le Tribunal aux Armées de Paris. La FIDH et la LDH se sont portées partie civile à leur côté, permettant de porter l’affaire sur le fond et d’éviter qu’une fois de plus, malgré les tentatives désespérées du Parquet, le couvercle politico médiatique ne se referme sur le plus grand crime français de la fin du XXéme siècle.

Jean-Paul militait. Il était membre de l’association Survie qui lutte pour dénoncer le soutien de la France aux dictateurs africains. La culpabilité de la France au Rwanda c’est d’abord, ne l’oublions pas, le soutien à une dictature ouvertement raciste. Adhérent de la première heure au « Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda », il a eu la maigre satisfaction de voir la France condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour la lenteur indécente de ses procédures dans les plaintes initiées par le C.P.C.R contre les génocidaires rwandais réfugiés en France.
Jean-Paul était aussi membre de l’association d’aide aux rescapés du génocide, Appui Rwanda. En plus d’être le citoyen qu’il était, il était généreux. Sans son importante aide financière, l’association n’aurait pas pu faire venir en France, pour la soigner, une jeune rescapée atteinte du sida, d’une hépatite, d’une tuberculose multi-résistante, enceinte et seule à 20 ans, sans famille, sans ressources ou presque. Car ce sont cela les séquelles du génocide, les conséquences du viol, pendant des mois, d’une fillette de 8 ans en 1994, par une Garde Présidentielle entraînée, et équipée par des officiers français. La maman et le bébé vont bien. La petite a un an et demi et elle est merveilleuse… Une sacrée victoire Jean-Paul.

Prenez le temps de lire les livres et les articles de Jean-Paul Gouteux, visitez son site, suivez les liens qu’il propose. Alors, vous comprendrez, si vous ne le savez déjà, que le négationnisme d’état, la révision de l’Histoire, l’impunité des génocidaires et de leurs complices, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, sont la meilleure garantie qu’un génocide puisse se reproduire. Alors puisque vous saurez, prenez la parole, demandez que Justice soit faite. Exigez que la France condamne ses propres criminels, cesse d’abriter sur notre sol, en notre nom, les rwandais coupables de génocide et exigez que notre pays contribue financièrement à la réparation en venant en aide aux rescapés du génocide.

Le crime de génocide est si impardonnable qu’il est imprescriptible.

Jean–Paul Gouteux n’est plus, son combat demeure : cessons d’être en contradiction avec nos valeurs, avec ce qui est censé nous unir, cessons de ne renvoyer à l’Autre, à l’Etranger, que les masques arrogants de l’hypocrisie et du cynisme.

Comme Dreyfus, Jean-Paul Gouteux n’était qu’un homme dont l’histoire a croisé l’Histoire. Rien qu’un homme qui, comme Dreyfus, montre ce que la France des valeurs laïques et républicaines peut mener à exprimer de meilleur : le meilleur de nous-mêmes.

Salut Jean-Paul.

Georges Kapler
Georges Kapler
Par Nyamirambo Point d'appui - Publié dans : Témoignages sur le génocide de 94 au Rwanda
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Jeudi 22 juin 2006 4 22 /06 /Juin /2006 12:59

Rwanda: une association de prostituées lutte contre le sida


Adeline, une Rwandaise prostituée de 19 ans, le 28 avril 2006 à Gisenyi

GISENYI (AFP) - 21/05/2006 07h57 - Souvent réduites à la prostitution après avoir perdu leurs parents pendant le génocide de 1994, près de 200 femmes rwandaises se sont rassemblées au sein d'une association pour lutter contre le sida et tenter de se construire un nouvel avenir.

Installée depuis 1999 à Gisenyi, à la frontière avec la République démocratique du Congo, l'Association rwandaise pour l'encadrement des filles mères et des femmes libres compte 186 adhérentes âgées de 16 à 32 ans, dont 122 sont atteintes du VIH-Sida.

La présidente de l'association, Olive Mutesi, jeune femme ronde et énergique, fait tout pour sensibiliser les prostituées de la ville à la maladie et leur permettre d'accéder aux soins et à la mutuelle de santé.

Inlassablement, vêtue d'un jogging, la présidente sillonne "le quartier des prostituées" de la ville et s'entretient avec les adhérentes de leurs difficultés et espoirs.

La journée de ces jeunes prostituées est rythmée par les problèmes liées à la maladie: prise des antirétroviraux, visites quotidiennes aux amies qui sont à l'hôpital.

"Nous allons les voir, mais nous n'avons même rien à leur apporter à manger", explique Claudine, 30 ans, une des doyennes de l'association.

"Les rapports sexuels protégés coûtent un dollar, les rapports non protégés coûtent entre deux et quatre dollars", ajoute-t-elle: "on accepte des rapports sexuels non protégés parce qu'on doit payer le loyer et trouver à manger pour nos enfants".

"Shakira", 19 ans, malade du sida, est dans ce cas. "Mes petites soeurs ne vont pas à l'école. Je n'ai pas l'argent. J'ai peur pour elles. Mais je ne peux pas faire autrement". Ses jeunes soeurs ont 8 et 12 ans.

"Je prends des antirétroviraux, mais j'ai des vertiges parce que j'ai faim. On ne travaille pas beaucoup ces temps-ci", commente Shakira.

Olive Mutesi s'arrête devant une petite maison du quartier des prostituées. Deux femmes vêtues de pagnes et de tee-shirts délavés discutent à l'extérieur, leurs bébés dans les bras.

"Il n'y a pas d'hommes ici. Ce sont toutes des orphelines, chefs de ménages. Elles s'occupent d'enfants plus jeunes que leurs parents ont laissés. Ils sont morts en 1994 pendant le génocide" ou lors d'attaques de rebelles, dit Olive.

Le génocide de 1994 au Rwanda a fait environ 800.000 morts, selon l'Onu, majoritairement chez la minorité tutsie et chez les hutus modérés.


Des jeunes Rwandaise prostituées, le 28 avril 2006 à Gisenyi

La présidente est accueillie chaleureusement. Tout le monde ici connaît "l'association d'Olive". Toutes les prostituées en sont membres. Plusieurs jeunes filles la suivent à l'intérieur de la maison, escortées de dizaines d'enfants.

"Je suis une rescapée du génocide", témoigne Confiance, jeune femme de 20 ans aux cheveux coupés très courts: "j'ai quitté l'école après 1994 parce qu'il n'y avait plus personne pour me payer les frais de scolarité. En 2003, j'ai commencé à me prostituer".

Aujourd'hui, Confiance a trois enfants. Grâce à l'association, elle a tenté de lancer un petit commerce. Mais les affaires, explique-t-elle, ne marchaient pas bien. Elle a fini par puiser dans le fond de caisse que lui avait donné l'association pour nourrir sa famille.

"Nous essayons de créer de petits élevages, de les aider à ouvrir des commerces pour qu'elles puissent payer les frais de scolarité de leurs enfants, réduire le nombre de partenaires, ou même de changer de voie", explique Olive.

Ces jeunes filles ont de nombreux enfants à charge, leurs enfants et leurs frères et soeurs. Selon la présidente, ces enfants ne sont pas scolarisés, même si l'école primaire est gratuite au Rwanda.

Les prostituées n'ont pas les moyens de payer la contribution parentale, les fournitures scolaires et les uniformes.

Par Nyamirambo Point d'appui - Publié dans : Témoignages sur le génocide de 94 au Rwanda
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Jeudi 2 février 2006 4 02 /02 /Fév /2006 11:18

   Bernadette Mukankusi, 36 ans

>                   « Je vivais à Kigali à l'époque des faits. Je suis
>aujourd'hui employée au ministère de la Justice. En tant que Tutsie, j'ai
>bien connu ces barrages routiers des années 1991 et 1992 sur lesquels
>officiaient des soldats rwandais et des soldats français. Sous le regard
>amusé des seconds, les premiers procédaient au triage ethnique. On faisait
>tout pour les contourner. Lorsque le génocide a éclaté, le 6 avril 1994, je
>me suis cachée dans Kigali, et j'ai confié mes deux petits garçons à des
>amis hutus qui les ont emmenés vers l'ouest. Fin juin-début juillet, un
>voisin qui revenait de la zone Turquoise occupée par les Français m'a dit
>qu'il les avait vus là-bas, dans le camp de réfugiés de Kibeho, non loin de
>Gikongoro. J'ai décidé de m'y rendre. Je suis allée à Butare, puis j'ai
>franchi la ligne de front où les soldats de l'APR [l'armée de Paul Kagamé,
>NDLR] m'ont fait monter à bord d'un véhicule sûr qui se rendait sur
>Gikongoro. Arrivée là-bas, l'ambiance était terrible. Il y avait plein de
>miliciens Interahamwes en ville, avec leurs machettes, qui fa isaient la
>chasse au faciès et beaucoup de militaires français qui déambulaient,
>indifférents. J'étais seule, abandonnée à moi-même, et j'ai eu peur,
>surtout quand des miliciens se sont approchés de moi pour me demander qui
>j'étais et d'où je venais. Une femme bien, qui passait par là, est allée
>voir des soldats français en train de boire dans un bar pour leur signaler
>mon cas. Deux d'entre eux sont venus et m'ont emmenée avec eux. Ils m'ont
>payé une bière, puis m'ont embarquée à bord d'une Jeep jusqu'à l'orphelinat
>SOS Gikongoro, où ils avaient établi leur camp. Dans ce camp, il y avait
>une dizaine d'Interahamwes qui travaillaient pour les Français : ils
>nettoyaient, ils allaient chercher du bois, ils traduisaient le
>kinyarwanda, etc. Ils n'avaient pas d'armes, mais ils étaient là.
>                   On m'a désigné un abri de sacs de sable pour y passer la
>nuit, avec un matelas pneumatique. Juste à côté de moi, à cinq mètres, un
>soldat français montait la garde. Vers minuit, après avoir discut é et
>plaisanté avec ce militaire français, un Interahamwe s'est introduit dans
>mon abri. Il m'a insultée, m'a traitée de cafard tutsi et a commencé à se
>déshabiller. Je me suis échappée pour aller voir le soldat, mais ce dernier
>m'a dit "tu vas où ?" et il m'a repoussée à coups de pied vers l'abri.
>Pendant toute la nuit, le milicien m'a violée. Le Français regardait en
>rigolant. J'ai très honte de le dire, ça m'a fait pleurer, mais c'est la
>vérité. Le lendemain, j'ai pu me rendre avec un convoi militaire de
>"Turquoise" à Kibeho où j'ai retrouvé mes fils Théogène et Claude. Puis je
>me suis débrouillée pour rentrer à Kigali. J'ai survécu au génocide, mais
>je suis souillée à jamais. Il y a quelques semaines, j'ai entendu à la
>radio qu'une juge française était ici, alors j'ai décidé de porter plainte
>moi aussi. »
>               
 
    Jean-Marie Vianney Nzabakurikiza, 39 ans
>                   « Je suis hutu, sans profession, et je vis à Ruhengeri.
>En 1994, j'étais caporal de gendarmerie, à Kigali d'abo rd, puis à Kibuye,
>en zone Turquoise. Lorsque nous avons été chassés par l'APR, je me suis
>réfugié au Zaïre, d'où je suis rentré en 1997. Plus d'une fois, j'ai tenu
>des barrages avec des militaires français. On mettait les Tutsis à part et
>on les confiait aux Interahamwes : plus personne n'en entendait parler. À
>Kibuye, devant l'hôpital et le centre du Minitrap [ministère des Travaux
>publics], j'affirme que j'ai vu des militaires français distribuer des
>grenades aux miliciens hutus. J'ai vu aussi des Français frapper des Tutsis
>et les donner aux Interahamwes. Le commandant du camp de gendarmerie, le
>major Jean Jabo, qui avait une épouse tutsie, a tout fait pour éviter les
>exécutions. Mais il ne pouvait rien contre son adjoint, le lieutenant
>Masengesho, qui travaillait directement avec les Français et avec d'autres
>gendarmes venus de Ruhengeri. Ceux-là, c'étaient des tueurs. Je veux
>raconter ça aujourd'hui, car j'en ai assez de voir que nous, les Hutus, qui
>avons travaillé avec l'anci en régime, sommes tous mis dans le même sac.
>Ceux qui nous ont aidés doivent aussi être jugés. »
>      Samuel Zirimwabagabo, 37 ans
 
>                   « Je suis mi-hutu, mi-tutsi. J'habite Gisenyi et je suis
>infirmier. En juin 1994, j'étais sergent dans la gendarmerie, affecté à
>Kibuye comme mon camarade, mais dans un autre camp : celui de l'état-major
>et des services du groupement. En tant que chef de poste à l'entrée de ce
>camp, j'ai vu beaucoup de choses. Avec leurs hélicoptères, les Français
>détectaient les réfugiés tutsis cachés dans les buissons et les forêts. Ils
>les regroupaient, puis les emmenaient en camion jusqu'à la préfecture de
>Kibuye. De là, les Tutsis étaient acheminés vers l'ETO (École technique
>officielle) où on faisait un tri. Les hommes du lieutenant Masengesho
>venaient se servir et emportaient leurs prisonniers au camp où on les
>stockait dans un hangar, même s'ils étaient blessés. Après, le plus
>souvent, on les tuait. Après la débâcle, on a retrouvé plein de ca davres
>dans notre camp, et même à l'ETO, pourtant placée sous la protection des
>Français. Ces derniers n'ont pas seulement abandonné les Tutsis de la
>colline de Bisesero aux machettes des Interahamwes : j'ai vu l'un de leurs
>chefs à Kibuye, le capitaine S., qui était très copain avec Masengesho,
>distribuer des treillis et des rations aux miliciens hutus. Il se moquait
>souvent de notre façon de combattre et de tuer. "Vous êtes des boy-scouts
>!" nous disait-il. Moi, je le jure, je n'ai participé à aucun massacre et,
>si un tribunal gacaca me convoque, il ne trouvera rien à me reprocher.
>Quand j'ai appris que la juge française était à Kigali, j'ai été voir le
>maire de Kanombe, que je connais, et je lui ai dit : moi aussi, je veux
>témoigner. Je ne dis pas que tous les Français de "Turquoise" ont fait des
>mauvaises choses. Mais personne ne peut nier que certains parmi eux ont
>soutenu les génocidaires. Il ne faut pas oublier qu'ils les avaient aidés,
>les armes à la main, entre 1990 et 199 3, ?en tant qu'instructeurs et
>conseillers. Forcément, cela crée des liens. »
Par Nyamirambo Point d'appui - Publié dans : Témoignages sur le génocide de 94 au Rwanda
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