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23 décembre 2000, ce sont principalement les femmes et les jeunes femmes survivantes du génocide qui vont laver les crânes, les fémurs, les omoplates, tous les os qui n'ont pas été broyés par les pierres que les génocidaires lançaient sur les gens pendant le génocide. Souvent les personnes se jetaient directement dans la fosse par peur de se faire mutiler. Aujourd'hui, les génocidaires et les survivants racontent qu'il fallait briser les crânes pour rendre les cadavres non identifiables.

L' après génocide

"Je suis épris de justice, pas de vengeance. La chose la plus importante que j'ai faite est de combattre contre l'oubli et de garder le souvenir intact. Il est primordial de faire savoir aux gens que nous n'oublions pas nos ennemis". Simon Wiesenthal

Bienvenue sur le site de Nyamirambo point d'appui

 

 

«  J’ai créé cette fondation pour la mémoire du génocide de 94 au Rwanda dans le but de la reconstruction du Rwanda.

 Je ne veux pas employer le terme de réconciliation, il me semble inapproprié à l’acte de génocide. Parler de réconciliation est une façon de réduire ce qui fut génocide en massacres interethniques ou en guerre civile. C’est une façon de mettre les Rwandais dos à dos et d’évacuer toute responsabilité internationale quelle qu’elle soit. Un génocide, l’humanité ose s’interroger ; le plus jamais ça, après la Shoah, est répété comme un slogan…..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yolande Mukagasana

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les objectifs de la fondation sont de:

 ·         lutter contre le révisionnisme, le négationnisme et la banalisation du génocide.

 ·        Lutter contre l’impunité

 ·        Lutter contre l’idéologie de division en s’investissant dans la culture et l’éducation pour la jeunesse contre l’intolérance et le racisme

Nous avons le devoir de ne pas tomber dans le piège de la banalisation ni de la négation par respect pour les victimes, pour nous et pour nos enfants, au nom de la souffrance des survivants de l’horreur.

 Je n’ai pas compris pourquoi ce crime a eu lieu, mais j’ai compris comment cela arrive. La paix et la démocratie ne sont pas des acquis.

 

 

 Mon souhait le plus profond est de voir les jeunes générations du Rwanda et de toute l’humanité vivre dans un monde de paix, de vérité et de justice ; l’impunité mène à la répétition de l’horreur.

 Il n’y aura pas d’humanité sans pardon.

 

 

Il n’y aura pas de pardon sans justice. 

 IL n'y aura pas de justice sans humanité. »

  

Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /Juil /2006 21:47
Un Homme vient de partir.

Peu de nos concitoyens le connaissaient, peu ont lu ses livres et c’est dommage pour notre démocratie car ce qu’il a écrit doit être su de tous les Français.
Pourtant Jean-Paul Gouteux n’était ni homme politique, ni écrivain, ni historien, ni journaliste, ni africaniste.
Jean-Paul Gouteux était chercheur à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD, anciennement ORSTOM). Entomologiste médical et vétérinaire de formation, sa spécialité était l’étude de la transmission de la maladie du sommeil et l'écologie de son vecteur, la mouche tsé-tsé ou glossine. Tout un programme qui aurait dû suffire à une vie.
Mais voilà, Jean-Paul avait épousé une Rwandaise et c’est comme cela, par amour, qu’il a été mêlé au dernier des génocides du XXéme siècle : le génocide des Tutsi du Rwanda. Toute la belle famille de Jean-Paul a été massacrée. L’horreur.
Il n’a pu faire autrement que de constater que son pays, la France, avait joué un rôle déterminant dans ce génocide. De témoin, il est devenu enquêteur et d’enquêteur, accusateur.
Son principal ouvrage, « La Nuit Rwandaise », raconte dans le détail, avec une rigueur scientifique - il n’était pas entomologiste pour rien - la culpabilité de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda. Plus encore cette minutieuse enquête « épingle » les hommes qui, au plus haut niveau de l’état, ont adhéré à une vision mêlée d’ethnisme et de racisme d’autant plus facilement qu’eux ou leurs affidés avaient choisi Vichy et la collaboration dans le passé.
On comprend mieux comment, un ancien serviteur de Vichy, témoin de la défense au procès des généraux putschistes de l’Algérie Française, devenu président de la république, favorable à la grâce de Touvier, a pu mener notre pays à une telle abjection. Jean-Paul rafraîchissait les mémoires…

Jean-Paul est un homme qui, croisant un des événements les plus terrifiants de la fin du XXéme siècle, a réagi en citoyen et en républicain : il n’a eu de cesse de faire savoir aux Français ce qui avait été fait en leur nom et dans leur dos. Ce qu’on veut encore leur cacher aujourd’hui. Cette guerre qui devait être secrète et qui est allée jusqu’au génocide, cette ignominie, qui fait l’objet d’un déni de plus en plus absurde devant l’accumulation des preuves.

Loin du discours de la recherche universitaire inaccessible au grand public, il a pris le risque de dire les choses comme elles sont et il a dénoncé les «
journalistes mercenaires de Libération, du Monde et d’ailleurs (qui) orchestrent la désinformation et manipulent l’opinion française ». Il n’a pas hésité à écrire dans ses livres « Un génocide secret d’état : la France et le Rwanda 1990-1997 » et « Le Monde, un contre-pouvoir ? » que Jean-Marie Colombani (rédacteur en chef) était « un honorable correspondant » des services secrets français et que le traitement de l’information sur le Rwanda dans le journal « Le Monde » lors du génocide tenait plus de la désinformation que ces services voulaient faire passer que de la réalité. La rédaction du Monde et Jean-Marie Colombani ont intenté un procès en diffamation à Jean-Paul et, par trois fois, ils ont perdu : en première instance, en appel et en cassation… La dernière fois alors que Jean-Paul était déjà atteint de ce cancer du cerveau qui l’a emporté l’autre soir…
Voilà pourquoi il n’y aura pas de « nécro » de Jean-Paul Gouteux dans « Le Monde »…

Son travail a aussi montré comment la « Mission d’information parlementaire sur le drame rwandais » de 1998 a constamment « botté en touche » dés qu’il s’agissait d’aborder les responsabilités françaises. Cela a contribué énormément à ce qu’un certain nombre d’associations et de citoyens créent en 2004, pour le 10éme anniversaire du génocide des Tutsi du Rwanda, une « Commission d’enquête citoyenne ». Cette Commission a depuis apporté de nouveaux éléments de preuve de la culpabilité française et les tient à la disposition de la justice.
Des plaintes de Rwandais contre X pour génocide (visant en fait des militaires français) ont été déposées devant le Tribunal aux Armées de Paris. La FIDH et la LDH se sont portées partie civile à leur côté, permettant de porter l’affaire sur le fond et d’éviter qu’une fois de plus, malgré les tentatives désespérées du Parquet, le couvercle politico médiatique ne se referme sur le plus grand crime français de la fin du XXéme siècle.

Jean-Paul militait. Il était membre de l’association Survie qui lutte pour dénoncer le soutien de la France aux dictateurs africains. La culpabilité de la France au Rwanda c’est d’abord, ne l’oublions pas, le soutien à une dictature ouvertement raciste. Adhérent de la première heure au « Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda », il a eu la maigre satisfaction de voir la France condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour la lenteur indécente de ses procédures dans les plaintes initiées par le C.P.C.R contre les génocidaires rwandais réfugiés en France.
Jean-Paul était aussi membre de l’association d’aide aux rescapés du génocide, Appui Rwanda. En plus d’être le citoyen qu’il était, il était généreux. Sans son importante aide financière, l’association n’aurait pas pu faire venir en France, pour la soigner, une jeune rescapée atteinte du sida, d’une hépatite, d’une tuberculose multi-résistante, enceinte et seule à 20 ans, sans famille, sans ressources ou presque. Car ce sont cela les séquelles du génocide, les conséquences du viol, pendant des mois, d’une fillette de 8 ans en 1994, par une Garde Présidentielle entraînée, et équipée par des officiers français. La maman et le bébé vont bien. La petite a un an et demi et elle est merveilleuse… Une sacrée victoire Jean-Paul.

Prenez le temps de lire les livres et les articles de Jean-Paul Gouteux, visitez son site, suivez les liens qu’il propose. Alors, vous comprendrez, si vous ne le savez déjà, que le négationnisme d’état, la révision de l’Histoire, l’impunité des génocidaires et de leurs complices, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, sont la meilleure garantie qu’un génocide puisse se reproduire. Alors puisque vous saurez, prenez la parole, demandez que Justice soit faite. Exigez que la France condamne ses propres criminels, cesse d’abriter sur notre sol, en notre nom, les rwandais coupables de génocide et exigez que notre pays contribue financièrement à la réparation en venant en aide aux rescapés du génocide.

Le crime de génocide est si impardonnable qu’il est imprescriptible.

Jean–Paul Gouteux n’est plus, son combat demeure : cessons d’être en contradiction avec nos valeurs, avec ce qui est censé nous unir, cessons de ne renvoyer à l’Autre, à l’Etranger, que les masques arrogants de l’hypocrisie et du cynisme.

Comme Dreyfus, Jean-Paul Gouteux n’était qu’un homme dont l’histoire a croisé l’Histoire. Rien qu’un homme qui, comme Dreyfus, montre ce que la France des valeurs laïques et républicaines peut mener à exprimer de meilleur : le meilleur de nous-mêmes.

Salut Jean-Paul.

Georges Kapler
Georges Kapler
Par Nyamirambo Point d'appui - Publié dans : Témoignages sur le génocide de 94 au Rwanda
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /Juil /2006 14:38

Madame,

 

Votre courrier du 23 Juin 2006 relatif à ce que vous qualifiez de "montée du négationnisme en Belgique et du révisionnisme du génocide des Tutsis du Rwanda" m'est bien parvenu.

en ce qui concerne la manifestation du 6 Avril 2006, force est de constater qui celle-ci avait été interdite par le Bourmestre de Woluwe-Saint-Pierre.

en ce qui concerne les incidents du 16 Mars 2006 au Centre culturel laïc juif, le Ministre de l' Interieur, répondant à une interpellation à ce sujet, à la Chambre, le 19 Avril 2006, a fait savoir que les auteurs de ces troubles étaient connus et qu'une enquête avait été ouverte.

Je puis vous informer que j' ai attiré l'attention de la Commission de l'Intérieur de la Chambre qur vos affirmations relatives à la sécurité des Rwandais rescapés du génocide et exilés en Belgique.

J'attire également l' attention du Président de la Commission de la justice sur votre requête concernant l'adoption d'une loi sanctionnant le négationnisme du génocide des Tutsis du Rwanda.

Je puis toutefois souligner, en ce qui concerne la repression du négationnisme de génocides et autres crimes de droit international humanitaire, que la Ministre de la Justice a fait observer lors de réunion de la commission de la justice de la Chambre, le 22 Mars 2006, qu'un projet de loi serait déposé au Parlement dans les prochains mois, sur la base des travaux de la Commission interministérielle de Droit humanitaire.

Je vous prie de croire, Madame en l'expression de ma considération distinguée.

Herman de Croo

Lettre envoyée le 11Juillet 2006 à Yolande Mukagasana

Par Nyamirambo Point d'appui - Publié dans : FNPA
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Mardi 11 juillet 2006 2 11 /07 /Juil /2006 09:21

 

Au Rwanda, le travail au quotidien de l' Eglise catholique est ambigü.

"Les associations des survivants du génocide de 1994 aident les Tutsis et nuisent aux Hutus"

Non détrompez-vous, ces paroles ne sont pas tout droit sortie de la bouche d' un dangeureux meurtrier, triste de ne pas avoir fini le travail mais voilà bien ce que l' on pouvait entendre lors de la prêche du dimanche matin du prêtre Belge Bob Gaul. Il va aussi plus loin, et se permet de prétendre que Paul Kagamé en personne financerait les soit disant associations de Tutsi.

Quand on sait combien il est difficile et mal vu de venir en aide à un orphelin du génocide, à cause de la reconciliation nationale on s' étonne qu' un prêtre ne soit pas conscient de l' absolue nécessité de ces associations! Un enfant rescapé est une personne qui a tout perdu, sa famille, ses biens et qui se retrouve isolée, sans emploi, sans instruction au milieu des meutriers de ses parents, ne pas lui reconnaître cette spécificité de victime d' un génocide c'est à nouveau nier la réalité du survivant. Cette négation vient là directement de l' Eglise alors que dans sa grande compassion on aurait dû s' attendre à plus de compréhension vis à vis de gens marqués à jamais par la persecution, la haine et la perte de leur dignité d' Homme.

Un procès aura lieu. Doit on s' attendre à nouveau à ce que Bob Gaul soit rappelé par la Belgique comme le fut son confrère le Père Guy Theunis qui avait été arrêté en septembre 2005 à Kigali?

Le Père Guy Theunis rappelons-le, appartient à la même congrégation des Missionnaires des Pères Blancs que le père Bob Gaul et a été accusé de complicité de génocide pour avoir publié des extraits des journaux extrémistes hutus dans le périodique Dialogue dont il était le fondateur. On aurait pu pensé que cette congrégation avait tiré des leçons depuis mais les actuels propos de Bob Gaul relancent le débat sur le rôle de l' Eglise dans la haine génocidaire qui a décimé le Rwanda en 1994!

Quand l' Eglise cessera de nuire au Rwanda?

Par Nyamirambo Point d'appui - Publié dans : Les procès suivis par la fondation
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